Construction de la notion de nombre en classe 4

 - by Peillon Sabine

Cet article publié en 2015 reste valable en ce qui concerne la progression du travail en numération…

gif chiffre.

Travailler la numération chez les petits, ce n’est pas forcément utiliser la comptine numérique… avant d’utiliser les chiffres pour dénombrer, il est nécessaire de comprendre la notion de quantité et d’appréhender certaines propriétés du nombre.

Les enfants de cet âge ont souvent une approche partielle, voire erronée des nombres :

– ils croient qu’ils savent compter parce qu’ils connaissent la comptine numérique

– ils confondent nombre et numéro, compter et ordonner (le premier, le deuxième…)

– ils identifient un chiffre à un objet (ce doigt s’appelle 1, celui-là s’appelle 2…)

– ils dénombrent 1, 2, 3… mais ne savent pas à quelle quantité cela correspond (ils n’ont pas acquis le principe cardinal, ne comprennent pas que pour aller de 3 à 4 il faut rajouter 1)

– ils ont une reconnaissance globale de la quantité (jusqu’à 3 ou 4) mais sans avoir compris la procédure du dénombrement

En classe, nous devons donc travailler sur tous ces points afin de comprendre à quoi correspond la numération.

.

Au premier trimestre, nous avons travaillé les notions « un peu/beaucoup » et la quantité « 1 ».

Pour cette deuxième période, nous mettons en place des manipulations autour des « boîtes à œufs » qui nous permettent de travailler la correspondance terme à terme et l’évaluation  préalable des quantités.

Le jeu consiste à prendre des marrons dans une barquette puis à remplir les « trous » des boîtes à œufs avec un marron par trou, de façon à ce qu’il ne reste aucun marron dans la barquette. S’il reste des marrons, on a perdu. Par contre on peut reprendre des marrons autant de fois qu’on veut dans sa barquette.

.

Numération 1

.

marrons 1L’intérêt de ce jeu est que l’enfant doit développer des stratégies pour réussir. Le nombre de « trous » est volontairement élevé afin que les enfants soient obligés de chercher d’autres procédés que le comptage. Ici, pour la découverte du jeu, les enfants ont rempli leur barquette sans essayer d’évaluer la quantité de marrons nécessaire…  Ils sont dans le plaisir de la manipulation et non dans le dénombrement.

.

marrons 2.

marrons 6.

Après plusieurs essais infructueux, ils commencent à chercher comment ils pourraient procéder pour réussir : par exemple, prendre peu de marrons et se resservir par petites quantités que l’on sait compter ou montrer avec ses doigts.

.

marrons 7Cela permet de comprendre et d’utiliser à bon escient les termes « il en reste », « il en manque » que les enfants de cet âge confondent souvent, ainsi que « il y en  a trop/pas assez/moins/plus »… donc de concevoir le nombre comme une relation (comparaison, calcul)

.

marrons 3

.marrons 4

.marrons 5Ou alors diviser en 2 lignes le nombre de marrons à compter, comme dans la boîte à œufs : il est plus facile d’appréhender la quantité 5 que la quantité 10 ! Ces enfants ont ainsi eu l’intuition de l’opération 2 fois 5 = 10 puisqu’on a dit : « il en faut 5 et encore 5 » (si on ne sait pas compter, on peut montrer la quantité 5 avec ses doigts)

.

Cela ne fonctionne pas toujours et il faut s’entraîner, s’entraider, expliciter sa stratégie pour les autres enfants : toutes les stratégies sont valorisées (stratégies analogiques : montrer la quantité avec ses doigts, se référer à une collection déjà connue comme les oiseaux de notre comptine « 5 oiseaux dans un nid », se référer aux constellations du dé, aux cartes à points, à la bande numérique…/ stratégies verbales et symboliques : utiliser les chiffres)

.

3-compter

.cartes à points

.

Lorsqu’on aura réussi plusieurs fois, on pourra passer à des boîtes plus grandes (12, 20 et peut-être même 30 « trous »… comme les Grands !)

.

num 2.

num 1La deuxième étape sera d’associer des quantités grâce au jeu Nathan « Boîtes à compter » d’abord avec des formes identiques au modèle, puis avec des jetons, et des quantités de plus en plus grandes… pour passer progressivement de la correspondance terme à terme au dénombrement.

Il va donc devenir important de connaître la comptine numérique au moins jusqu’à 5… le travail se fait tout au long de l’année en classe grâce à des livres et des comptines pour aider à la mémorisation.

Parallèlement, en athlétisme, nous mettrons bientôt en place des activités de course au trésor qui nous permettront de comparer nos « butins » afin de savoir qui en a le plus, donc qui a gagné… Ce travail de construction du nombre ne peut en effet se faire que dans la durée et dans des situations différentes !

.

Les manipulations feront bien sûr l’objet de brevets à valider :

Brevet boîte à compter brevet premiers nombres.

 

 .

Leave a comment

You must be connected to post a comment.